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Le mismatch algérien : des postes vides, des diplômés sans emploi

Le paradoxe algérien tient en deux chiffres : le taux de chômage des jeunes diplômés dépasse 28 %, mais sept entreprises sur dix déclarent des postes non pourvus dans leur cœur de métier.

Ce n’est pas un manque. C’est un mismatch.

Côté universités

Quand j’ai recruté pour Marena Soccer, j’ai compris quelque chose : un gestionnaire de complexe sportif ne s’apprend pas en master de management généraliste. Il s’apprend sur le terrain, en six mois d’apprentissage encadré.

Nos universités forment encore très majoritairement à des postes « génériques » : management, marketing, droit. Mais l’économie réelle a besoin de profils spécialisés — gestion de la chaîne du froid, audit énergétique, conformité sanitaire. Une réforme curriculaire qui dialogue avec les fédérations professionnelles changerait la donne en deux ans.

Côté entreprises

Trop d’employeurs algériens cherchent des « profils prêts à l’emploi ». Mais aucun diplômé n’arrive prêt. Les entreprises qui forment elles-mêmes — comme on le faisait il y a trente ans — sont celles qui retiennent leurs talents et qui font la différence sur le marché.

L’apprentissage n’est pas un coût. C’est un investissement avec retour mesurable.

Côté individus

La compétence ne se reçoit pas, elle se construit. Aujourd’hui, un jeune Algérien a accès à plus de cours en ligne gratuits que l’ensemble des bibliothèques universitaires du pays. Mais encore faut-il savoir quoi apprendre.

Les compétences à valeur croissante en 2026 :

  • Outils IA appliqués (rédaction, analyse, code)
  • Anglais professionnel
  • Comptabilité analytique pour gérer son propre business
  • Logistique et chaîne d’approvisionnement

Aucune de ces compétences ne s’achète. Toutes se travaillent.

Ce que l’APW peut faire

À Tizi-Ouzou, nous avons signé en 2025 un protocole avec trois universités et la Chambre de commerce pour créer un guichet d’apprentissage unique. Six mois plus tard, 240 jeunes étaient en stage rémunéré dans des entreprises locales.

Ça ne règle pas le problème national. Mais ça prouve qu’à l’échelle d’une wilaya, on peut bouger les lignes en moins d’un an.


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