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SIMEM 2026 : le potentiel de la production nationale en santé

Le Salon International du Médical et Para-Médical (SIMEM) 2026 se tient à Alger en mai. J’y serai pour rencontrer les producteurs algériens de matériel médical. Et pour porter une conviction simple : la souveraineté sanitaire ne se décrète pas, elle se commande.

L’illusion de l’importation

En 2024, l’Algérie a importé pour 2,3 milliards de dollars de matériel médical. Sur ces volumes, près de 40 % concernent des produits que nos industriels savent fabriquer : consommables stériles, lits médicalisés, mobilier hospitalier, certains instruments chirurgicaux.

Pourquoi ne le font-ils pas à grande échelle ? Parce que les hôpitaux publics, contraints par les marchés publics standardisés, achètent moins cher à l’import — sans intégrer le coût de la dépendance.

La leçon du Covid

En 2020, l’Algérie s’est retrouvée sans masques chirurgicaux pendant six semaines critiques. Les usines de Boumerdès et Sétif ont monté des chaînes en trois semaines. La crise nous a montré qu’on savait. Elle aurait dû nous apprendre qu’il ne faut pas attendre la crise suivante.

Trois mesures concrètes

1. Une clause souveraineté dans les marchés publics santé : à qualité égale et différentiel de prix inférieur à 15 %, le produit national est retenu. Cette règle existe au Brésil, en Inde et au Maroc.

2. Un fonds de modernisation dédié au matériel médical, abondé par 2 % du budget annuel d’importation. En cinq ans, c’est l’équivalent de 230 millions de dollars investis dans nos usines.

3. Un label « Sahti DZ » reconnaissable, garantissant origine + conformité aux normes ISO. Le citoyen et le médecin sauraient ce qu’ils consomment.

Le rôle des élus

Une APW ne signe pas de marchés publics santé — c’est l’État central. Mais une APW peut faire trois choses : faciliter l’implantation industrielle (foncier, autorisations), former les techniciens via les centres de formation professionnelle, et mettre en relation producteurs locaux et établissements de santé de la wilaya.

Tizi-Ouzou compte trois CHU et plus de quarante structures de santé. Si chacun consacrait 10 % de ses achats à la production nationale, nos industriels verraient leur carnet de commandes doubler en un an.

La souveraineté sanitaire, ce n’est pas un slogan. C’est un acte d’achat, répété mille fois.


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